Rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes :

Réunion nationale des collectifs unitaires et populaires


- Synthèse des PV des collectifs
- Introduction aux débats de Claude Debon
- Compte rendu de la commission de synthèse des débats
- Déclaration du collectif national élargie
- Réaction de Marie-George Buffet
- Intervention de Marie-George Buffet
- Comment discuter après le réunion du 9 et 10 décembre


10 décembre 2006

Les collectifs antilibéraux terminent leur réunion nationale de Saint-Ouen sans avoir tranché sur la candidature à la présidentielle. Est-ce la fin de ce rassemblement° ?

Marie-George Buffet. Non, je veux continuer, les communistes veulent continuer. Nous voulons vraiment construire ce rassemblement antilibéral, faire en sorte qu’une nouvelle majorité à gauche émerge, que nous battions la droite et l’extrême droite, que la gauche réussisse. Je garde le même objectif, c’est ce qu’attendent beaucoup d’hommes et de femmes dans ce pays.

Les collectifs locaux ont donné un avis, qui apparaît très majoritaire, en faveur de votre candidature et pourtant, à la fin, il n’y a pas de consensus, qu’en pensez-vous° ?

Marie-George Buffet. Nous venons de vivre pendant deux jours un blocage de la part des organisations représentées dans le collectif national qui n’ont pas voulu construire un consensus à partir des collectifs locaux. Nous sommes en échec sur cette idée du consensus. Alors, qu’est-ce qui est essentiel° ? Ce sont les hommes et les femmes qui composent les collectifs locaux. Car nous portons cette nouvelle façon de faire de la politique avec des citoyens et citoyennes acteurs et décideurs. J’appelle les organisations politiques à écouter ce que disent les collectifs locaux. Je pense que, comme l’a prévu la réunion de ce week end il faut que ceux-ci se réunissent dans les jours qui viennent et confirment leur opinion. La parole doit revenir aux militantes et militants de ces collectifs qui depuis des mois et des mois se réunissent, prennent des initiatives. Ils se sont mis d’accord sur une orientation, sur un programme . Il faut qu’ils réaffirment qu’ils ont envie d’être entendus, que c’est leur choix qui doit être pris en compte. aujourd’hui ils émettent un avis majoritaire sur la candidature et on leur répond° : non, on ne vous écoute plus. On nous dit qu’il est impossible de se réunir autour de ma candidature . Mais ce n’est pas ce qu’ont dit les collectifs locaux.

De nouvelles propositions ont été faites par le parti communiste à l’issue de ces deux jours...

Marie-George Buffet. Nous avons de nouveau fait des propositions pour que cette candidature soit collective avec des porte parole regroupant tous ceux et toutes celles qui ont été un moment candidats, avec les différentes sensibilités, avec un conseil de campagne, un directeur de campagne. Nous proposons que toutes ces sensibilités puissent apparaître y compris à travers la présence dans les émissions de télévisions etc. Je l’avais dit dès le mois de juillet, j’ai envie, parce que c’est notre force, d’une campagne collective. En 2004, en 2005, en 2006 les communistes ont placé leur intelligence au service du rassemblement et tous leurs actes ont témoigné qu’ils ne voulaient pas posséder ou mettre la main sur quoi que ce soit, que ce qu’ils voulaient c’est qu’une voie nouvelle s’ouvre à gauche avec une majorité porteuse d’un programme qui soit apte à changer la vie. C’est le sens de leur bataille. Aujourd’hui il y a une urgence. Je parcours la France. Il y a beaucoup de souffrance sociale, démocratique avec les vagues de licenciements, les salaires qui ne permettent plus de vivre. J’ai en tête ces femmes d’une usine textile de la vallée de la Sambre qui ont débrayé pour débattre de politique. Elles veulent que la dynamique unitaire réussisse, que cette nouvelle majorité à gauche prenne le pouvoir, sinon elles craignent d’être délocalisées, licenciées. L’enjeu est formidable, il ne faut pas décevoir ces hommes et ces femmes, ces ouvrières et employées.

De nouvelles rencontres entre organisations sont-elle prévues° ?

Marie-George Buffet. Le collectif national doit se réunir mardi.On peut toujours se voir, Plus il y a de dialogue, mieux c’est. Mais, j’y tiens, il ne faut pas dessaisir les collectifs. J’ai encore en mémoire les critiques faites à la gauche plurielle sur les tractations, les accords de sommet, etc. Je pense qu’elles sont justes. Alors on ne va pas recommencer.

Claude Debons a avancé l’idée de chercher une candidature communiste issue du mouvement social. Qu’en pensez-vous° ?

Marie-George Buffet. Je suis prête à entendre tous les avis et qu’on y réfléchisse mais je ne comprends pas bien comment une candidature communiste serait une fois un atout et une autre fois un obstacle. J’ai eu l’impression ce week-end que tout tournait autour du parti communiste. Ce n’est pas autour du PCF que cela doit tourner mais autour du choix des collectifs et ce choix des collectifs est clair autant que celui des communistes. C’est cela l’essentiel. Donc la question n’est pas que le parti communiste fasse une autre proposition de candidature par dessus les collectifs, mais que la décision des collectifs soit entendue.

Les autres candidats sont en campagne, quelles sont les échéances° ?

Marie-George Buffet. J’ai envie de répondre ° : ça urge. En effet, les autres candidats sont en campagne et deux d’entre eux, au moins, sont portés par les médias. Nous allons avoir besoin de multiplier les contacts auprès des salariés, de l’ensemble du monde du travail et de la création, nous devrons organiser des réunions dans les entreprises, dans les quartiers, les appartements, nous devrons aller de village en village présenter le programme antilibéral, rassembler. On ne peut pas se permettre, comme je l’ai entendu, de reporter la décision au mois de janvier. Les collectifs vont se réunir cette semaine. Et après tous ensemble, on est en campagne.