Assises de l’industrie :

Intervention de Claude Jorda

Conseiller Général du Canton de Gardanne
Groupe Communistes


29 octobre 2009

Table ronde n° 1 :

"Industrie durable, contraintes ou opportunités pour le territoire."

Le choix de Gardanne s’avère judicieux pour tenir des assises de l’Industrie puisque d’une part, dans ce département, notre territoire pourrait devenir un des hauts lieux de la casse industrielle et, d’autre part, la responsabilité du gouvernement est incontestablement en cause à côtés des choix stratégiques des grandes entreprises.

En effet, la situation chez ALCAN – ex Péchiney – soulève une inquiétude unanime avec la suppression annoncée par le groupe RIO TINTO ALCAN de 15 % des effectifs.

La centrale thermique de Gardanne, dont les actionnaires tournent le dos aux engagements d’investissement prévus dans le cadre du passage au gaz, trouve un écho favorable dans les services de l’Etat puisque celui-ci vient de céder, en catimini, ses parts au sein de la SNET,

ST Microélectronic et ATMEL, sur le pôle de Rousset, sont également au cœur d’actions de restructurations suicidaires pour l’avenir industriel de notre région.

Plus généralement, dans notre département, alors que la situation de l’emploi se dégrade plus vite que dans le reste du pays - où 25 % de demandeurs d’emploi supplémentaires sont annoncés depuis un an - la situation des industries est préoccupante :

Azur Chimie à Port de Bouc qui vient d’annoncer la fermeture de la dernière entreprise chimique de Port de Bouc et où les salariés font "tourner" actuellement l’usine tous seuls : Patron et direction ont disparu !

L’U.N.M. Ã  Marseille où les salariés et leur syndicat ont proposé un plan de reprise temporaire viable par la création d’une Société à Actions Simplifiées capitalisée pour moitié par les salariés,

LEGRE MANTE, dans les quartiers sud de Marseille où un repreneur – ORRION – est disponible,

NAPHTA CHIMIE à Martigues où, une fois encore, un plan d’économie est élaboré alors que le manque de personnel met en danger salariés et populations,

LYONDELL BASELL à Fos sur Mer ou encore les papèteries Etienne en Arles.

Le constat est accablant et ne relève que d’un effet d’aubaine de la crise qui sert de bouclier à des restructurations et fermetures d’usines.

Pendant ce temps, j’entends dire que la Taxe Professionnelle serait à l’origine du "cancer de la délocalisation". Quelle gageure !

LYONDELL BASELL enregistre des profits massifs dans son unité de Fos qui sont aspirés par la maison mère américaine,

La réparation navale est une activité incontournable sur le port de Marseille. Qui peut dire, dans une perspective de développement du G.P.M.M. â€“ Grand Port Maritime de Marseille – que l’on peut se passer de la réparation navale ?

A LEGRE MANTE, un repreneur est là, prêt pour la reprise. Il est bloqué par des décisions incompréhensibles d’intégration à la filière vinicole.

ON LE VOIT BIEN, LE MAINTIEN ET LE DEVELOPPEMENT D’UNE ACTIVITE INDUSTRIELLE NE RELEVENT QUE DE CHOIX POLITIQUES !

Peut-on imaginer, ici à Gardanne, que la production énergétique se heurte à une question de délocalisation ?

VA-T-ON PRODUIRE NOTRE ENERGIE DE DEMAIN EN ASIE ?

De qui se moque-t-on ?

POURQUOI L’ETAT A-T-IL CEDE, EN CATIMINI, LES 35 % DE PARTS QU’IL DETENAIT DANS LE CAPITAL DE LA SNET ASSURANT UNE MINORITE DE BLOCAGE PUBLIQUE ?

Cette participation – détenue au travers d’EDF et de la CDC - permettait, avant tout à l’Etat de tenir ses engagements de 1999 sur la continuité de l’activité de la centrale de Gardanne et sur l’équilibre énergétique de notre région.

Mais que vaut la parole de l’Etat devant la volonté des grands groupes industriels ?

J’ai interpellé Monsieur le Préfet de Région sur cette question lors de sa venue en séance publique au Conseil général.

Au-delà du fait que je n’ai obtenu aucune réponse sur les raisons de la cession des parts de l’Etat sur la question de notre indépendance énergétique, la réponse sur l’emploi industriel a porté sur le développement de l’Arbois et l’exemple de Sophia Antipolis.

Pour le Préfet, il faudrait se résoudre à une pérennité décennale des entreprises.

NON, le savoir-faire industriel, technique et technologique que détiennent entreprises et salariés du secteur ne se résume pas au bon vouloir des investissements patronaux les yeux rivés sur le curseur des dividendes versés aux actionnaires.

C’est pourquoi, je soumets à nouveau l’idée de la construction d’un VIème groupe à la Centrale de Gardanne, comme s’y étaient engagés ENDESA et l’Etat et de l’inscrire dans les 1000 projets du Président Nicolas SARKOZY pour la relance de l’investissement. La société Canal de Provence a déjà investi en amenant l’eau, G.D.F. a obtenu les autorisations de passage pour le gazoduc ; nous sommes ici dans les critères annoncés pour en faire partie, notamment en associant les élus locaux à un projet prêt à démarrer, produisant des effets rapides sur l’activité et l’emploi, et donnant lieu à la réalisation d’un équipement durable.

Pour cela, l’organisation d’une table ronde sur l’énergie s’impose !

Ces assises ne seront fondatrices d’une politique de développement industriel qu’à la seule condition qu’elles prennent en compte l’ensemble des acteurs et des besoins du territoire et du pays. La parole des salariés et de leurs représentants est en ce sens majeure.

Le Conseiller Général que je suis, élu de la population, agira sans cesse dans ce sens avec les salariés qui manifestent aujourd’hui à nos portes et que je vais rejoindre.